Pourquoi créer de l’art lorsque la vente devient une attente ?
Pourquoi créer de l’art si personne ne l’achète ? Cette question m’a longtemps accompagnée. Avec le temps, j’ai découvert que créer pouvait avoir un tout autre sens, bien au-delà de la vente.
Les amis, la famille ou les proches me posaient souvent la même question :
« Alors, tu arrives à vendre ? »
À chaque fois, je ressentais une légère tension avant de répondre. Non, je ne vendais pas autant que je l’espérais. Sans m’en rendre compte, cette attente influençait mes créations. Je cherchais à créer des objets susceptibles de plaire davantage, dans l’espoir qu’ils trouvent plus facilement leur public.
Quand la création artistique retrouve sa liberté
Puis, avec le temps, quelque chose a changé.
J’ai compris que vendre n’était pas la finalité de KomJaim.
Peu à peu, je suis passée d’une démarche artisanale à une démarche plus libre. Les œuvres ne cherchaient plus à répondre à une attente ; elles demandaient simplement à exister.

C’est ainsi que sont nées Révélation, Matière d’Estran, Mémoire d’Éclosion ou encore la collection Résonances. Aucune d’elles n’a été imaginée pour répondre à une demande précise. Elles se sont imposées naturellement, comme si elles avaient déjà leur propre histoire à raconter.
Écouter les œuvres plutôt que les diriger
Aujourd’hui, j’ai le sentiment que KomJaim ne m’appartient plus tout à fait.
Les idées surgissent sans que je les contrôle réellement. Certaines matières semblent s’appeler, se repousser, puis finalement dialoguer. Je ne fais qu’accompagner cette rencontre, avec curiosité et confiance.
C’est peut-être cela qui me touche le plus dans la création : accepter de ne pas tout maîtriser.

Écouter plutôt que diriger.
Suivre cette petite voix discrète qui murmure avant même que l’œuvre n’existe.
Créer sans vendre ne me paraît plus être un échec. C’est simplement laisser à une œuvre la liberté de suivre son propre chemin.




